1/ La bande annonce indique que ce film est tiré de faits réels. On a un peu du mal à siimaginer de tels faits réels, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
La bande-annonce dit que l'histoire est inspirée par des événements réels, mais ce n'est pas vrai pour tout ce qui s'y passe. Il y a quatre ans, Harry Knowles, du site web aintitcoolnews.com, et moi, nous parlions des choses perturbantes que nous avions trouvées sur Internet. Harry m'a envoyé un lien vers un site qui proposait un séjour en Thaïlande où, pour 10 000 dollars, vous pouviez entrer dans une pièce et tirer une balle dans la tête de quelqu'un. Le site prétendait que la personne que vous pouviez tuer était volontaire et qu'une partie de l'argent irait à sa famille et lui permettrait de se nourrir pendant plusieurs années. J'ignore si cet endroit existe réellement ou non, mais il fallait donner un numéro de carte de crédit pour aller plus loin, et je n'allais certainement pas faire ça. Je me suis dit que si ces gens en tuaient d'autres pour vivre, je n'allais pas leur donner d'informations me concernant ! Le site, cependant, était bel et bien réel. Quelqu'un a vraiment conçu cela, en s'adressant à des gens tellement lassés de l'argent, des drogues, des prostituées et de tout le reste, qu'ils voudraient passer au niveau supérieur du vice : le sentiment qu'on éprouve quand on prend la vie d'un autre être humain. Cela m'a semblé tellement réel, la pensée qu'il puisse exister des gens si engourdis dans leur existence qu'ils veuillent savoir ce que ça fait de tuer quelqu'un, presque comme un acte sexuel... C'est cette idée qui m'a inspiré ce film.
2/ Qu'est ce qui vous a inspiré pour faire ce film ?
Je ne supporte plus ces mauvais films d'horreur que fait Hollywood. Après CABIN FEVER, j'ai reçu pratiquement tous les scripts qu'on faisait dans ce genre, et je les ai tous rejetés. C'étaient des resucées sans âme, ou des trucs sans aucun intérêt. En outre, ils ne voulaient choquer personne, alors que la nature même de l'horreur est de provoquer, de déranger. Les bons films d'horreur vous entraînent dans ces zones interdites auxquelles vous ne voulez surtout pas penser mais dont vous connaissez l'existence, et c'est la dernière chose que veulent les studios. Ils cherchent à faire des films édulcorés qui s'adressent au public le plus vaste possible, alors que ce qui fait qu'un film d'horreur fonctionne, c'est quand il prend position et qu'il n'a pas peur d'offenser les gens. Je me suis retrouvé dans le circuit des festivals avec CABIN FEVER et j'ai soudain découvert de grands films comme AUDITION de Takashi Miike ou SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE de Park Chan-wook. J'ai pris conscience que personne en Amérique ne faisait de tels films. Ce sont des films dangereux... Je voulais faire un film qui se place dans le même univers, sans nécessairement être graphique ou violent, mais qui pousse le public vers des endroits horribles où la plupart des films ont peur d'aller.